Crash aérien : les antidépresseurs sont-ils en cause ?

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Depuis des décennies, de nombreux cas de suicides ou de crimes violents ont été commis par des auteurs sous traitement antidépresseur. Dès 1990, des chercheurs de l’université d’Harvard alertent l’opinion publique sur l’effet indésirable de ces médicaments. Rappel des cas les plus sordides et explication.

Des histoires toutes tragiques :

Louisville, Kentucky, le 14 septembre 1989 : Joseph Wesbecker, un ouvrier imprimeur au chômage entre dans l’imprimerie Standard Gravure et abat 9 personnes en faisant 12 blessés graves avant de se suicider.

Gilette dans le Wyoming : février 1998 Donald Shell, homme de 60 ans apprécié de tous, exécute sa femme, sa fille ainsi que sa petite fille avant de retourner l’arme contre lui.

Colombine, Colorado, le 20 avril 1999, deux lycéens tuent 13 personnes et font 25 blessés, puis se suicident.

Tous ces faits divers ont un point commun : ils ont été commis par des personnes sous l’emprise d’antidépresseur, plus précisément de la famille des ISRS (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) ou ISRSNA (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine-noradrénaline). Pourtant dès février 1990 une équipe de chercheurs de l’université d’Harvard décrit l’apparition d’akathisie provoquée par le Prozac®. L’akathisie, un mot compliqué pour décrire une agitation extrême avec pensées suicidaires et meurtrières. En 1990, on recense déjà 44 procès intentés sur ce sujet contre le laboratoire Eli Lilly (Prozac®). En septembre 1991, la FDA (Food and Drug Administration) –organisme chargé du réglementaire des médicaments aux Etats Unis- réalise une audition publique sur ce sujet. Face à cela, le laboratoire Lilly développe son élément de langage : « les suicides et actes hostiles chez le patient prenant du Prozac® reflètent le trouble du patient et non une relation causale avec le traitement »

Des études scientifiques troublantes qui marquent un tournant.

Au début des années 2000, la mort de Traci Johnson sème un peu plus le doute. Cette jeune femme c’est pendu dans les locaux même du laboratoire Lilly alors qu’elle participait à une étude, en tant que volontaire sain, sur un nouvel antidépresseur : le Cymbalta ® un ISRSNA. Puis c’est en 2004 grâce à l’acharnement d’un psychiatre irlandais, le docteur David Healy, que sera mis en évidence lors d’une commission rogatoire, la présence d’études réalisées mais non publiées sur l’inefficacité du Deroxat ®. GSK, le laboratoire qui le commercialise sera alors condamné à verser 6 millions de dollars aux victimes d’un précédent drame commis dans le Wyoming.

Le Crash d’un A320 de Germanwings avec un copilote dépressif relance aujourd’hui le débat sur l’effet de ces molécules. L’enquête  révèlera peut-être les médicaments du copilotes et fera alors, on l’espère, avancer le débat sur ces substances.
En France, on estime à 5 millions le nombre de patients sous antidépresseurs avec environ 130 millions de boites d’hypnotiques, anxiolytiques et antidépresseurs consommées chaque année.

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