Les antidépresseurs associés à un risque de diabète chez les enfants et adolescents

Plusieurs antidépresseurs semblent être associées à un risque accru de développer un diabète de type 2 chez les enfants et adolescents traités, selon une étude pharmaco-épidémiologique publiée dans la revue JAMA Pediatrics.

Une prescription fréquente

Les antidépresseurs sont de plus en plus prescrits chez les jeunes, y compris hors des indications précises de dépression. Des études chez les adultes ont déjà mis en évidence un risque potentiel de diabète. Les données sur cette complication étant limitées chez les enfants et adolescents, Mehmet Burcu de l’université de Baltimore (Maryland) et ses collègues ont conduit une grande étude.
Ils ont étudié 119.608 patients âgés de 5 à 20 ans qui ont reçu un traitement par antidépresseur et ont été suivis durant 11,8 mois en moyenne. Les 2/3 des antidépresseurs prescrits étaient des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ou de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRS ou IRSN).
Les ISRS et IRSN ont été associés à une augmentation de 88% du risque de développer un diabète de type 2 durant le suivi, avec une incidence de 1,29 cas pour 10.000 personnes-mois quand les patients prenaient ces médicaments, comparé à 0,64 pour 10.000 personnes-mois dans les périodes où ils n’en prenaient pas.
De plus, le niveau d’élévation de risque était dépendant à la fois de la durée de traitement et de la dose cumulée, ainsi que, après une durée d’au moins 150 jours, de la dose moyenne quotidienne de médicament.
Les antidépresseurs tricycliques et apparentés étaient aussi associés à une multiplication par 2,15 du risque de diabète. Le nombre de patients traités par ces médicaments était insuffisant pour évaluer l’effet de la durée de traitement et de la dose.
Les autres classes d’antidépresseurs n’étaient pas associées au risque de diabète.

Aucune explication précise du mécanisme

Le mécanisme par lequel ces produits augmenteraient le risque de diabète de type 2 chez les enfants et adolescents n’est pas clair pour le moment, notent les auteurs. Cela pourrait être lié au fait qu’ils favorisent la prise de poids, mais aussi à des effets indépendants de la prise de poids comme des perturbations de l’homéostasie du glucose ou une baisse de sécrétion d’insuline.
Des recherches sont donc nécessaires pour mieux comprendre comment ces traitements antidépresseurs affectent le métabolisme. Et il faut améliorer la surveillance de la population pédiatrique exposée et discuter du rapport bénéfice-risque, concluent les auteurs.

source : Mehmet Burcu, Julie M. Zito, Daniel J. Safer, Laurence S. Magder, Susan dosReis, Fadia T. Shaya, Geoffrey L. Rosenthal. Association of Antidepressant Medications With Incident Type 2 Diabetes Among Medicaid-Insured Youths. JAMA Pediatr. Published online October 16, 2017. doi:10.1001/jamapediatrics.2017.2896

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *