Les IPP au long cours associés à un sur-risque de cancer gastrique même après éradication d’H. pylori

Selon une étude publiée dans Gut, la revue de la société britannique de gastroentérologie, la prise d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) au long cours est associée à un sur-risque de cancer gastrique et ce même après éradication d’Helicobacter pylori.

H. Pylori : une bactérie gastrique.

L’éradication d’H. pylori réduit le risque de cancer gastrique de 30% à près de 50%, mais une part significative de patients développent ce type de cancer malgré l’élimination de l’infection. Une méta-analyse a montré que le risque de cancer gastrique était augmenté de plus de 40% chez les utilisateurs d’IPP. Ces études incluaient des personnes infectées par H. pylori comme des non-infectées.

Une étude japonaise.

L’université de Hong-Kong a cherché à savoir si le sur-risque de cancer gastrique associé à la prise d’IPP subsistait après éradication d’H. pylori. Ces chercheurs ont conduit une étude rétrospective cas-témoin en analysant les bases de données nationales. Ils ont inclus les adultes qui avaient suivi une triple antibiothérapie à base de clarithromycine entre 2003 et 2012, et ont exclu ceux pour lesquels cette stratégie avait échoué, ainsi que les personnes ayant eu un diagnostic de cancer gastrique dans les 12 mois suivant l’éradication d’H. pylori. Parmi les près de 63.400 patients inclus, 153 ont développé un cancer gastrique après un suivi médian de 7,6 ans. Dans cette cohorte, 5% des patients avaient pris des IPP pendant une durée médiane de 2,7 ans. La prise d’IPP était donc associée à un risque de cancer gastrique multiplié par 5. Le risque augmentait avec la dose reçue et la durée d’exposition. Le risque était multiplié par 5 chez les personnes exposées pendant au moins un an, par près de 7 chez ceux qui en avaient pris au moins 2 ans et par plus de 8 chez ceux exposés au moins 3 ans.

Autre médicament anti acide.
Par comparaison, l’exposition aux antihistaminiques H2 était sans impact sur le risque de développement de cancer gastrique.

Conclusion :
Pour les chercheurs, cette corrélation peut s’expliquer par la « profonde suppression acide » induite par les IPP qui aggrave la gastrite atrophique résultant de l’inflammation associée à l’infection par H. pylori.

Pour information :

Les IPP disponibles en France sont : l’oméprazole, l’ésoméprazole, le lansoprazole, le pantoprazole et le rabéprazole.

source : http://gut.bmj.com/content/early/2017/09/18/gutjnl-2017-314605

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