Traitement anticoagulant par AVK : pourquoi éviter le PREVISCAN ® (fluindione) ?

PREVISCANboitecprosecpcolore26mars15-634x393

Contrairement au reste du monde, la France fait exception en matière de prescription de traitement anticoagulant par anti-vitamine K (AVK). Une situation atypique (due historiquement à la production française de celui-ci) que L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) tente de corriger.

En France, selon le nombre de doses définies journalières consommés en 2016, l’ANSM indique que 82% des patients traités par AVK recevaient du PREVISCAN ® (de la fluindione), 13% de la COUMADINE ® (warfarine) et 5% du SINTROM ® (de l’acénocoumarol), une situation qui contraste avec les pays étrangers, puisque la warfarine est l’AVK le plus utilisé dans le reste du monde. Au sein de l’Union européenne, la fluindione n’est d’aileurs commercialisée qu’en France et au Luxembourg.
Si tous les AVK peuvent causer des effets indésirables d’ordre immuno-allergique, une enquête de pharmacovigilance a montré que la fluindione est plus fréquemment associée à la survenue d’atteintes immuno-allergiques, rares mais souvent sévères, par rapport à la warfarine et l’acénocoumarol,
Il s’agit notamment d’atteintes rénales, hépatiques, hématologiques ou cutanées à type de DRESS (syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse), survenant « habituellement au cours de 6 premiers mois de traitement ».
C’est pour cette raison que les professionnels de santé doivent maintenant « privilégier la prescription d’un AVK de la famille des coumariniques » en cas d’initiation d’un traitement anticoagulant oral par AVK.

Conseils.

Si vous avez débuté un traitement par fluindione depuis moins de 6 mois, la fonction rénale doit être surveillée régulièrement jusqu’à 6 mois, ainsi que tout signe pouvant évoquer un effet indésirable immuno-allergique de type cutané, hépatique ou hématologique.
Le rôle potentiel de la fluindione doit être évoqué en cas d’altération de la fonction rénale et/ou du bilan hépatique, d’apparition d’une neutropénie brutale ou de manifestations cutanées. En cas de confirmation de l’atteinte immuno-allergique, la fluindione doit être « rapidement et définitivement » interrompue et une corticothérapie peut être envisagée.
Une enquête de pharmacovigilance a montré qu’en cas de retard au diagnostic et d’arrêt tardif du traitement par la fluindione, une altération de la fonction rénale peut persister chez certains patients (apparition ou aggravation d’une insuffisance rénale chronique).

Si vous êtes traités par fluindione depuis plus de 6 mois, bien équilibrés et tolérants le traitement, « il n’y a pas de raison de modifier le traitement » conclue l’ANSM.

Déjà en 2014, le Centre régional de pharmacovigilance (CRPV) de Lyon avait présenté les résultats d’une enquête sur les effets indésirables non hémorragiques graves des spécialités à base de fluindione, acénocoumarol et warfarine .
L’étude avait été réalisée à partir de la base nationale de pharmacovigilance, entre le 1er octobre 2010 et le 31 mars 2014, et des données des laboratoires, entre le 1er octobre 2010 et le 31 décembre 2013. L’incidence des effets indésirables avait ensuite été estimée à partir des données de l’échantillon général des bénéficiaires (EGB) de l’assurance maladie extraites en avril 2014.
L’incidence pour l’ensemble des effets indésirables était de 2,77 cas pour 10.000 patients aves la fluindione, de 1,9 cas pour 10.000 avec la warfarine et de 1,26 cas pour 10.000 avec l’acénocoumarol.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *