Cancer du sein : un surrisque associé aux contraceptifs hormonaux

Le risque de cancer du sein est augmenté de 20% chez les utilisatrices d’une contraception hormonale « moderne », selon une large étude danoise publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Une équipe de l’université de Copenhague a réalisé une étude prospective de cohorte sur 1,8 million de femmes danoises de 15 à 49 ans entre 1995 et 2012, sans cancer ni thrombo-embolie veineuse à l’inclusion, suivies pendant 11 ans en moyenne, soit 19,6 millions de personnes-années. Au total, 11.517 cas de cancer sont survenus au sein de cette cohorte.
Par rapport aux femmes n’ayant jamais utilisé de contraception hormonale, le risque de cancer du sein était significativement augmenté de 20% chez les utilisatrices actuelles ou récentes.
Le surrisque augmentait avec la durée d’utilisation: de 9% pour 1 an de contraception hormonale il était à 38% pour plus de 10 ans d’utilisation.
Le surrisque persistait après l’arrêt de la contraception lorsque celle-ci avait été utilisée pendant au moins 5 ans. La persistance du risque pourrait être d’au moins 5 ans, suggèrent les résultats.
Les analyses de sous-groupes en fonction du type de molécule présente dans le contraceptif ont montré des résultats similaires quelle que soit la formulation, sans différence significative entre les préparations après ajustement.

L’augmentation absolue du risque de cancer du sein reste toutefois faible, avec un risque de 13 pour 100.000 personnes-années, soit environ 1 cancer du sein supplémentaire pour 7.690 femmes utilisant une contraception hormonale pendant 1 an, indiquent les auteurs.

Dans un éditorial accompagnant l’article, David Hunter de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) souligne que ces résultats confirment, avec les contraceptifs hormonaux modernes, ce qui avait été rapporté avec les contraceptifs hormonaux plus anciens.

Ces résultats contrastent avec ceux d’une étude des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) publiés en 2002 dans le NEJM, qui ne montraient pas d’augmentation significative du risque de cancer. Mais les participantes incluses dans cette précédente étude avaient entre 35 et 64 ans et étaient donc davantage des anciennes utilisatrices de contraception hormonale.

Cependant le risque de cancer du sein doit être pesé au regard des bénéfices associés aux contraceptifs oraux : outre la contraception et les effets sur la dysménorrhée et les ménorragies, ils réduisent les risques ultérieurs de cancer de l’ovaire, de l’endomètre et colorectal.

source :

Contemporary Hormonal Contraception and the Risk of Breast Cancer
Lina S. Mørch, Ph.D., Charlotte W. Skovlund, M.Sc., Philip C. Hannaford, M.D., Lisa Iversen, Ph.D., Shona Fielding, Ph.D., and Øjvind Lidegaard, D.M.Sci.
N Engl J Med 2017; 377:2228-2239December 7, 2017

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